Mobilité du trait de côte > Objectifs Scientifiques

Dans le contexte actuel de changement climatique, l’érosion côtière (2/3 des côtes mondiales, 20 000 km de côtes en Europe et 1700 km de côtes en France) constitue l’un des principaux risques naturels littoraux et l’évaluation de la sensibilité des côtes aux changements de climat de houle et aux tempêtes exceptionnelles devient un sujet de la plus haute grande importance. Pour affiner la corrélation entre les évolutions des côtes et le climat, il faut à la fois disposer de données fiables à moyen et long terme sur les évolutions morphologiques des côtes et sur le climat (houle et vent). Le littoral de Charente-maritime est un terrain privilégié pour aborder cette problématique.
En effet ce littoral :
(1) Fait l’objet de relevés topographiques depuis 1999 (année de la tempête du siècle) ;
(2) Comprend des côtes dont les évolutions, de plusieurs mètres par an (parmi les plus importantes de France), sont supérieures aux incertitudes de mesures par GPS, photographies aériennes ou images satellitaires ;
(3) Est proche de notre laboratoire, ce qui rend possibles des mesures fréquentes et programmables immédiatement après des événements météorologiques exceptionnels (suivi des impacts des tempêtes).

En synergie avec ces études de dynamique physique des littoraux, deux approches complémentaires sont développées :

(1) La première concerne les logiques de défense des côtes (solutions techniques mises en œuvre ; analyse de leur évolution dans le temps ; relation entre ampleur du recul et enjeux, d’une part, et intervention publique, d’autre part). Elle permettra d’évaluer la cohérence et les progrès des politiques de gestion du risque.

(2) La seconde porte sur la perception du risque érosif par les usagers (résidents, touristes, professionnels de la mer).
Elle vise à connaître :
1) L’écart éventuel qui peut exister entre représentation et réalité des risques liés à la mer (érosion et submersion marine) ;
2) La perception des différents types d’ouvrages de défense (effet dégradant ? Sentiment de sécurité ? Intérêt du public pour les opérations de restauration des dunes ?)
3) Les attentes des usagers dans ce domaine
4) Leur perception des politiques publiques.

Ces travaux sont réalisés en partenariat avec et pour le compte des acteurs locaux (ONF, Communautés de Communes, Conservatoire du Littoral et des Rivages Lacustres, communes, Conseil Général de Charente-Maritime).

Évolution des côtes

1 - Corrélation entre les évolutions morphologiques des côtés et le climat régional de houle

(responsable : Eric Chaumillon – collaboration avec le Conseil Général 17)


Prédictions de la hauteur significative de la houle en mètres représentée toutes les 3 heures (courbe bleue) et moyennée par mois (courbe rouge) entre Janvier 1998 et Avril 2008 au large de l’île d’Oléron (2.5°W ,46°N) par la modèle Wave Watch 3 (Tolman, 1991). Outre les variations saisonnières évidentes, ce graphe montre les fortes variations inter annuelles dans le climat de houle des côtes charentaises.

Profils topographiques perpendiculaires à la plage obtenus à Ile d’Oléron (Saint-Trojan, grande plage) entre Septembre 1999 et septembre 2007. Ces profils illustrent une érosion qui varie de 5 à 24 m/an en moyenne.

2 - Formation et évolution du système plage/dune sur l’île d’Oléron (resp. V. Duvat-Magnan, 2008-2011)

Participants : Y. Battiau-Queney, V. Duvat-Magnan, F. Pouget

Ce programme vise deux objectifs, développer la connaissance (objectif de recherche fondamentale) et proposer des outils opérationnels aux gestionnaires (objectif de recherche appliquée).

Dans cette perspective, il s’agit plus précisément :

1) De dater la formation du système plage/dune et la fin de la période d’abondance sédimentaire qu’ont connue les littoraux d’Oléron. Ce travail est réalisé en partenariat avec le laboratoire de Géomorphologie, Quaternaire et Archéologie de l’Université de Lille I ;
2) De caractériser l’évolution de ce système au cours des dernières décennies sur les différentes façades de l’île grâce à l’étude de l’évolution de la position du trait de côte ;
3) De déterminer la vulnérabilité de ce système aux facteurs de pression existants ;
4) De proposer une grille d’interprétation de son évolution à partir d’indicateurs morphologiques facilement repérables sur le terrain par les gestionnaires et techniciens de la CDC ;
5) De mettre au point un protocole visant à soutenir la mise en place d’une politique de gestion rationnelle de l’érosion côtière ;
6) De proposer aux gestionnaires du Pays Marennes Oléron un indicateur d’état du système plage/dune à intégrer dans l’Observatoire du Développement Durable.

3 - Étude de la perception de l’érosion côtière et de sa gestion (2009-2010)

Participants : V. Duvat-Magnan, F. Pouget

Une enquête sera réalisée au cours de l’été 2009 sur les plages des îles de Ré et d’Oléron. Elle vise à déterminer : (a) Quelle connaissance et quelle compréhension le public a de l’érosion côtière ; (b) Comment il perçoit les ouvrages de défense des côtes et plus globalement la politique de gestion de l’érosion côtière.

Cette enquête sera réalisée sur des sites particulièrement marqués par l’érosion et/ou par les ouvrages de défense (plages de la Brée-les-Bains, de Foulerot et de la Gautrelle, de Saint-Trojan, par ex., à Oléron).

Des corrélations seront établies entre la perception de l’ampleur de l’érosion et la vitesse de recul réelle du trait de côte.

4 - Étude géomorphologique des Îles Éparses françaises (2009- )

Participants : V. Duvat-Magnan, F. Pouget

Le programme GéoÉparses a été lancé en 2009 dans le cadre de la participation des chercheurs impliqués à la campagne océanographique effectuée par le du Marion Dufresne dans l’ouest de l’océan Indien. Il a déjà permis : (a) De réaliser des levés altitudinaux et des profils des différentes îles (Grande Glorieuse, Tromelin, Juan de Nova, Europa) ; (b) D’élaborer une première cartographie morphologique de ces îles.

publie le jeudi 27 septembre 2012