Projet Ph.a.r.e.

Repère, symbole, sujet de connaissances diverses : le phare de la Coubre est un élément marquant du paysage vécu par de nombreuses personnes.
Son histoire, ainsi que celle de la forêt homonyme, est singulière. La forêt a été implantée au XIXe siècle sur un vaste milieu dunaire très mobile. Sur cette côte sauvage, depuis la fin du XVIIe siècle, au moins une dizaine d’anciennes structures de signalisation pour la navigation se sont succédé, remplacées par de nouvelles tours situées plus loin du trait de côte, ou — parfois — emportées par l’océan.
Nous appréhendons ce cas comme une opportunité d’enquêter sur les relations sociales aux environnements en mutation, et notamment sur la dimension affective de l’expérience de ces milieux et des changements qui les caractérisent.

© Cécilia Paradiso

Nous travaillerons sur trois axes principaux :

  • i. Rassembler des matériaux autour de l’histoire de la Côte Sauvage, de sa dune, de la forêt qu’elle protège, du Phare et des urbanisations dans ses environs.
  • ii. Aller à la rencontre des nombreuses personnes qui – forestiers, bénévoles, artistes, habitant·e·s, scientifiques, élus… – tiennent à ce lieu et y imaginent des futurs.
  • iii. Chercher des langages oraux et visuels pour traduire les attachements et les visions des personnes concernées par le devenir du Phare.

Ce travail sera mené dans une démarche de recherche-création portée par l’anthropologue Cecilia Paradiso et le photographe Mattia Valentini et il sera nourri par le dialogue interdisciplinaire avec les membres du laboratoire LIENSs qui - géomorphologues, géographes, écologues – travaillent sur ce site depuis longtemps. De plus, nous travaillerons au tissage de collaborations multiples avec les institutions techniques, culturelles et associatives locales. Notre intention est d’intégrer les différentes formes de connaissance des milieux en jeu et d’évaluer avec justesse la portée des changements environnementaux actuels.

Cette démarche de recherche-création implique l’exploration d’archives photographiques publiques et privées, ainsi que sur la production d’images. Par cela, elle répond à la nécessité d’aborder les dimensions sensibles et mémorielles, tout en questionnant le lien intime entre les habitant·e·s et un littoral en perpétuel mouvement. La collaboration chercheuse-artiste nous semble particulièrement pertinente pour les recherches qui visent à analyser les corrélations entre des phénomènes d’ampleur et les dimensions émotionnelles et mémorielles — à la fois collectives et individuelles. D’un point de vue général, notre action propose de contribuer à une meilleure prise en compte de la complexité historique, culturelle, environnementale et politique de la mobilité du trait de côte. Dans un cadre plus local, nous visons à la mise en forme d’outils communautaires, qui puissent favoriser le débat public et institutionnel autour des littoraux de la Nouvelle-Aquitaine.

© Cécilia Paradiso